« Camargue » naît d’un moment de bascule photographique pour moi : après des années de pratique inspirée par la photographie de rue, j’éprouve le besoin d’aller au-delà d’une simple collecte d’images, pour tenir un propos, et parler de ce qui me questionne profondément.
Je choisis de travailler sur la Camargue, un territoire plein de contradictions : à la fois sauvage et exploité par l’homme, éternel et toujours menacé par les eaux. Ces notions m’intéressent, tout comme la tension entre elles.
Je m’y rends régulièrement de 2009 à 2011, et découvre progressivement un territoire façonné par l’homme, mais d’une façon respectueuse de ce qui l’entoure, sans confrontation avec les éléments naturels.
J’y découvre aussi, malgré la présence humaine, des espaces de liberté, une part de sauvage.
Je choisis d’en faire un conte, loin de toute volonté documentaire. Un conte sur la sobriété, sur la liberté, et l’harmonie. Un conte sur des hommes qui ont trouvé leur place.